L’art HyperBrut

Français

Sur cette page, à la fois en vidéo et à l’écrit, je prends le temps d’expliquer ce qu’est l’art HyperBrut, art qui m’a permis de développer ma forme de dessin, peinture, écriture et ainsi, il me semble que le processus de création dans lequel je m’inscris sera plus compréhensible. Voilà ce que je peux dire en introduction. Maintenant pour expliquer l’art HyperBrut, je vais commencer par l’histoire d’une porte. Cette porte, c’est celle-ci :

L’histoire est que je voulais repeindre cette porte, la repeindre complètement. Et le premier coup de pinceau que j’ai posé dessus, à ce moment là, m’a surpris, troublé, pendant que je le réalisais, et aussi par le résultat de cette réalisation. J’ai ressenti dans ce coup de pinceau quelque chose d’équilibré, harmonieux, esthétique, ou étrange.

Dans les peintures ou dessins que j’avais pu faire avant, dont voici quelques exemples :

j’avais tendance à recouvrir le support, ensuite je rajoutais des détails, et des détails, et encore des détails, mais je ne trouvais jamais la sensation de finir ce que j’étais en train de faire. Alors que dans ce coup de pinceau, tant sur le moment où je l’ai fait que sur le résultat, j’ai ressenti à travers lui la sensation d’un coup de pinceau final, sans même l’avoir cherché. Un peu comme un Zorro constatant avec étonnement qu’il vient de signer. Ou dit autrement, ce coup de pinceau était comparable à la première pierre d’un édifice, pierre qui est pour la forme globale de l’édifice, déterminante. Fin de la comparaison.

Après ce coup de pinceau, il m’est arrivé plusieurs évènements. Le premier évènement est que j’ai reposé mon pinceau. Je précise, je voulais vraiment repeindre cette porte, mais le coup de pinceau m’avait tant surpris, troublé qu’il m’a fait reposer le pinceau, un peu à contrecœur, en me disant qu’il valait mieux attendre. Au final, je n’ai jamais continué à repeindre, et cette porte est restée comme ça :

Le deuxième évènement est que j’ai découvert petit à petit, jour après jour, expérience par expérience, qu’il y avait dans mon quotidien plusieurs équilibres, harmonies, esthétismes, étrangetés dans le même genre. Par exemple, voyez-vous l’équilibre qu’il y a dans la disposition de plusieurs chewing-gums sur un bout de trottoir ?

Ou l’harmonie qu’il y a dans une façade qui s’abîme avec le temps ?

Ou l’esthétique qu’il peut y avoir dans le métal qui rouille ?

Ou le caractère étrange qu’il peut y avoir dans une tache ?

Une tache que vous auriez faite un jour, quelque part, mais ce jour là vous aviez remarqué quelque chose…

Il existe d’autres exemples, comme celui d’affiches collées, décollées, recollées, puis redécollées :

La répartition que peut avoir les différents graviers qui composent un chemin :

La forme d’un arbre avec ses branches et ses racines, ou les accidents de son écorce :

Ou le chemin que trace une fissure dans un mur, les éclats d’un verre qui vient de se briser, l’humidité dans un coin de mur, etc.

Voyez-vous de quoi je parle ? Si oui, pour moi ces formes d’équilibres, harmonies, esthétismes, étrangetés sont similaires les unes aux autres, et je retrouve la même forme dans le coup de pinceau réalisé sur la porte.

Le troisième évènement est que j’ai pu partager cette sensation d’équilibre, harmonie, esthétisme, étrangeté avec d’autres personnes.

Le quatrième évènement est qu’après avoir rencontrer ces sensations d’équilibre, harmonie, esthétisme, étrangeté, un peu partout dans mon quotidien, j’ai essayé de les nommer. Au départ, j’ai utilisé les mots du dictionnaire et l’assemblage que j’ai le plus utilisé était celui de geste-brut. Mais il m’arrivait de dire geste-naturel, geste-spontané, geste-premier, ou alors résultat-premier, résultat-spontané, résultat-naturel, résultat-brut… Cependant chacun l’entendait à sa façon, et je ne trouvais pas cela assez précis. Alors, j’ai décidé de créer un mot, un mot nouveau, et ce mot c’est Geste-Brut.

C’est à dire que pour nommer le coup de pinceau, je disais que c’était un Geste-Brut. De même pour les chewing-gums, les façades d’immeubles, le métal rouillé, etc. Et c’était assez pratique car ce nouveau mot permettait de nommer cet équilibre, harmonie, esthétisme, étrangeté, en empruntant un chemin qui n’a pas été encore travaillé par le vocabulaire.

Alors Geste-Brut, c’est un nom commun masculin invariable qui s’écrit avec un G majuscule, un trait d’union, un B majuscule, et il a pour définition : gestes et résultats de gestes qui possèdent une forme d’équilibre.

Il aurait été possible d’utiliser le mot harmonie, esthétisme, ou étrangeté pour le caractériser, ou alors de dire que c’est un nom commun féminin plutôt que masculin. Mais pour faire simple, la seule précision que je rajouterai à la définition, c’est que l’équilibre provient d’une tension entre un côté pensé et un côté pas pensé. Je m’explique. J’avais pensé à repeindre cette porte, mais je n’avais pas pensé à comment serait fait le premier coup de pinceau pour la repeindre. C’est à dire, ce n’est pas un hasard si ce coup de pinceau s’est retrouvé sur cette porte, mais ce qui relève plus du hasard c’est la forme qu’a prise ce coup de pinceau, comme les coulures à son amorce ou son remplissage parsemé à la fin. C’est de même pour les chewing-gums qu’on a pensé pour la vente, mais dont on n’avait pas prévu comment ils finiraient les uns par rapport aux autres s’ils tombaient en dehors d’une poubelle. Aussi pour la façade où il avait été prévu de faire un revêtement contre les aléas de la météo, mais où on n’avait pas pensé quel aléa précisément allait entraîner telle dégradation à tel moment, etc.

Avec du recul, et en dehors de la définition, j’aimerais rajouter qu’à travers ce Geste-Brut qu’était le coup de pinceau, j’arrivais à voir les conditions initiales dans lesquelles j’avais commencé à le réaliser, et les conséquences finales qu’auraient entraînées cette porte repeinte si j’avais continué à la repeindre dans ces mêmes conditions, comme à l’image de la première pierre posée pour construire un édifice. Cependant, je précise, je ne voyais pas tout, mais seulement quelques éléments. Par exemple, je voyais dans les conditions initiales, que j’avais réalisé ce coup de pinceau debout, du centre vers le haut, avec un pinceau, en laissant la porte sur ses gonds, et que je n’avais pas mis ni sur moi, ni autour de la porte, des protections contre d’éventuelles taches de peinture, d’où l’emplacement, la sûreté et le stress visibles dans ce coup de pinceau. Et comme conséquences finales, je percevais que si j’avais continué à repeindre cette porte dans ces conditions, j’aurais très probablement fait des taches, sur la poignée, sur le sol, sur moi, et que la porte n’aurait pas été aussi bien repeinte.

Et pour aller encore plus loin, je voyais aussi ce que j’ai appelé les étincelles, c’est à dire les choses qui faisaient que dans toutes ces conditions initiales, moi, j’avais entraîné cette ébauche de conséquences finales. Et je dirai que les étincelles, c’est tout ce qui animait la réalisation de ce geste. Comme par exemple, la part d’idéal qui s’imaginait pouvoir repeindre cette porte, en un clic, sans faire de tache, ou alors la part de plaisir qui se trouvait heureuse de faire ce choix, ou bien la part de paresse qui avait conseillé de ne pas mettre de protections contre les taches, ou sinon la part de peur qui craignait de faire une tache, ou encore la part de besoin qui avait envie de repeindre cette porte et il y a en aussi plein d’autres que j’oublie ou dont je n’ai pas conscience.

Le cinquième évènement, c’est qu’en plus de nommer les Geste-Brut, j’ai tenté de les attraper et de les montrer. Et pour cela, j’ai d’abord eu pour réflexe de prendre des photos comme celles que j’ai déjà pu vous montrer. Un de mes premiers Geste-Brut rencontré et photographié, après le coup de pinceau sur la porte, c’était un pot en verre dans lequel je venais de poser un bouchon en plastique, car c’était dans ce pot que j’avais entrepris de les recycler :

Mais au moment où je venais de faire ce geste, j’ai eu la sensation que ce que je venais de faire était équilibré, comme si j’étais dans une pièce de théâtre, en tant que spectateur de mon geste, réalisant une performance autoportrait dans laquelle j’enlevais un bouchon en plastique afin de le déposer dans le petit pot de recyclage. En dépit de la tournure comique, si j’avais pu mettre des caméras afin de filmer ce geste, sans y prêter attention, j’aurais pu vous le montrer en vous disant regardez ceci, c’était vraiment moi, à ce moment là, en train de faire ça. Mais en plus de ce geste, j’ai aussi remarqué que l’ensemble des éléments qui étaient dans le pot, incluant le bouchon que je venais de poser, tout cet ensemble avait dans sa disposition une forme d’équilibre, comme si c’était une sculpture. Et j’étais là en train de remarquer tout cela et de me dire que ça ressemblait à ce qui s’était passé avec le coup de pinceau sur la porte. Puis je me suis demandé si c’était un Geste-Brut, et j’ai pris une photo pour voir si c’était possible de partager cette sensation d’équilibre. Avec du recul, je peux confirmer que cet équilibre provenait, lui aussi, d’un côté pensé et pas pensé. J’avais pensé à reposer mon bouchon dans le pot, sans savoir comment j’allais le poser, ni comment il serait précisément installé par rapport aux autres bouchons. Mais après avoir pris la photo, ce qui m’a aussi troublé c’est que j’ai essayé de déplacer légèrement le bouchon que je venais de poser pour voir s’il y aurait toujours un équilibre. Puis une fois déplacé, je n’ai pas su trouver de réponse. Cependant le pot était plein, alors je suis parti le vider dans la corbeille de recyclage de l’immeuble, et une fois que les bouchons du pot venaient d’atterrir sur le tas déjà existant dans la corbeille, je me suis rendu compte que leur disposition était elle aussi équilibrée, et que le geste que je venais de faire, même si je ne l’avais pas autant remarqué que celui d’avant, semblait être équilibré. Puis, encore troublé, je suis retourné vers ma chambre pour reposer mon pot de recyclage vide, et j’ai vu au fil des semaines, une nouvelle sculpture de bouchons se construire.

Et c’est ainsi que j’ai entrepris une collection de photos, lorsque c’était possible, des différents Geste-Brut que je rencontrais, le but étant de trouver les meilleurs exemples. Des tas de feuilles à l’automne, des câbles électriques qui découpent le ciel, un mouchoir chiffonné, une poubelle remplie, des carrosseries abimées, le stylo que je viens de poser sur mon bureau, etc.

Cependant parmi tous les exemples que j’ai pu trouver, il y en a un particulier que je souhaite partager. Dans mon université, il était possible dans certaines salles de peindre sur les murs, et il y avait des murs où plusieurs peintures avaient été accrochées puis décrochées mais où les coups de pinceaux qui avaient débordé sur les murs lors de leur création, s’étaient les uns et les autres composés pour former des grandes fresques de Geste-brut. Et je vous partage cet exemple, car je trouve en lui un écho particulier puisqu’il me semble à la fois similaire et opposé au coup pinceau fait sur la porte.

Mais la photo ne m’a pas suffi, et cela pour plusieurs raisons, la principale étant qu’il ne m’est jamais arrivé de rencontrer quelqu’un qui via seulement une photo ait immédiatement compris, sans aucune explication, qu’il s’agissait du Geste-Brut et de son fameux équilibre.

Alors j’ai tenté d’attraper et de montrer des Geste-Brut audio, comme par exemples le bruit d’une fourchette qui tombe, le bruit d’un bar lors d’un soir assez fréquenté, ou le bruit de la neige sur un écran de télévision.

J’ai aussi essayé de faire des installations pour attraper et montrer des Geste-Brut, comme par exemples des nappes de table lors d’un repas d’anniversaire, ou un cadre pour encadrer directement des Geste-Brut.

Puis j’ai essayé la vidéo. Une fois, en marchant dans la rue, je me suis rendu compte que l’intersection dans laquelle je me déplaçais, avec l’ensemble des piétons qui circulaient, était aussi un Geste-Brut. Alors j’ai essayé de filmer mais avec la vidéo et les moyens dont je disposais, ce n’était pas très concluant. L’idéal aurait été d’avoir une dizaine de caméras montées sur des pieds suspendus de vingt mètres de hauteur, l’ensemble pouvant filmer sous tous les angles l’intersection. Ou encore plus idéal, ça aurait été de pouvoir extraire l’ensemble de ces piétons, sans les modifier, pour les mettre dans les meilleurs conditions possibles afin de capter sous tous les angles, par des caméras, appareils photos, ou par nos propres yeux, l’ensemble du sujet considéré. Mais n’ayant pas ces moyens à disposition, j’ai essayé de trouver une autre solution.

Le sixième évènement, est que l’autre solution a été de signer directement le Geste-Brut à l’endroit où il se trouvait, et pour cela j’avais préparé des autocollants avec ma signature dessus. C’était une signature avec mon prénom en forme de code barre :

Pourquoi en forme de code barre ? Me rendant compte qu’il y avait beaucoup de Geste-Brut, je sentais que j’allais me transformer en machine à signature, et je trouvais que le code barre symboliserait à la fois un aspect unique et répétitif. Mais en fin de compte, je n’ai pas posé tant de signatures que cela, car ce moyen présentait plusieurs inconvénients. Par exemple, dans le cas de l’intersection entre les deux rues, le jour où j’ai posé mon autocollant-signature, je ne savais pas quel moment précis j’étais en train d’attraper et de montrer. Était-ce le moment où j’ai posé l’autocollant-signature ? Ou alors toute la période pendant laquelle il est resté installé ? Mais alors, quelles limites à ce que j’expose ? Et puis, si il n’y a plus personne qui passe, qu’est-ce qui continue d’être exposé ? Et ce qui me dérangeait le plus, c’est que la signature déformait ce que j’exposais. C’est à dire que ce n’était plus juste l’intersection de ces deux rues, ça devenait l’intersection de ces deux rues avec ma signature, et si quelqu’un était amené à remarquer l’autocollant-signature, alors il se retrouverait à être en train de regarder le bout du doigt qui essaie de montrer le Geste-Brut.

C’est pour ces différents inconvénients que je n’ai pas tant signé de Geste-Brut, mais en plus dans le cas de l’intersection entre les deux rues, au moment où j’ai posé mon autocollant-signature, j’ai ressenti la sensation de faire un Geste-Brut, aussi fortement que mon coup de pinceau sur la porte, ou mon bouchon de bouteille. Certes j’avais pensé à poser mon autocollant-signature, mais je n’avais pas, par exemple, pensé à comment j’allais exactement faire mon mouvement pour le poser. Et pourtant, j’ai vu à travers lui que c’était bien moi, à ce moment là en train de m’accroupir à cet endroit pour poser mon autocollant signature pour telles et telles raisons, sur cette intersection . Et après ce ressenti de Geste-Brut, tout cela m’a laissé une impression qu’il aurait peut-être mieux valu que je pose un autocollant-signature de moi en train de poser un autocollant-signature.

Mais cette impression d’être pris à contre-pied m’est arrivée plusieurs fois. D’ailleurs, c’est la même impression que j’ai lorsque je remarque un Geste-Brut, ou que j’essaie de le montrer ou de l’expliquer. Dès que j’ai remarqué l’équilibre qui s’écoulait dans cette intersection, j’avais l’impression d’être pris à contre-pied car cet équilibre changeait de forme. Ce n’était plus l’intersection des deux rues avec lesquelles je vivais, ça devenait l’intersection des deux rues avec lesquelles je vivais toujours mais dont je venais de remarquer l’équilibre. Et dès que j’essaie d’exposer un Geste-Brut, ou de l’expliquer, comme par exemple en ce moment, j’ai l’impression d’essayer d’attraper un savon qui glisse entre les mains, car, comme à l’image de poser un autocollant-signature de moi en train de poser un autocollant- signature, j’ai la sensation de voir que le Geste-Brut qui apparaît c’est celui de moi qui est en train d’expliquer ou de montrer le Geste-Brut. J’ai donc cherché une autre solution pour attraper et montrer les Geste-Brut.

Le septième évènement est que la solution suivante a été de créer une forme d’art. Cette forme d’art je l’ai nommé l’art HyperBrut :

Au début, je disais l’art du Geste-Brut, mais c’était un peu long, alors j’ai raccourci en art Brut, mais ça existait déjà, donc j’ai rajouté le préfixe Hyper, à l’image de l’art réaliste et l’art hyperréaliste, afin de donner l’art HyperBrut, et j’ai donné pour fonction à cet art HyperBrut d’exposer tous les Geste-Brut, perçus ou non, directement à l’endroit où ils se trouvent, au moment où ils se produisent. Comme si de manière idéale, cette forme d’art se chargeait d’attraper et de montrer tous les Geste-Brut, en permanence, sous tous les angles, à n’importe quelle échelle, et en mettant, toujours de manière idéale, une signature à chacun d’entre eux, signature qui se renouvelle à chaque instant, les transformant tous en œuvres d’art HyperBrut, et la signature étant non pas un nom mais une description des différentes conditions initiales, étincelles, et conséquences finales composant le sujet considéré, comme le cartel d’une œuvre exposée dans un musée.

Je peux donner quelques exemples pour illustrer cette forme d’art. N’importe quelle photographie est un Geste-Brut, la façon dont la photographie a été prise est aussi un Geste-Brut, la façon dont est exposée la photographie est aussi un Geste-Brut, et tout cela est exposé par l’art HyperBrut.

Il est possible de voir dans l’art HyperBrut une forme de dadaïsme, surréalisme, Ready Made. Il est aussi possible de voir dans l’art HyperBrut un écho avec les tableaux pièges de Daniel Spoerri, ou l’oeuvre de 4 minutes 33 de John Cage, ou le dripping de John Pollock. Il est aussi possible de voir dans l’art HyperBrut une forme d’art plus vaste que le streetart, le landart, ou la performance.

Mais est-ce que vous percevez la quantité de Geste-Brut que ce concept permet d’attraper et de montrer, de façon simultanée, imbriqués les uns dans les autres ? Et au-delà ne plus avoir à attraper ou montrer les Geste-Brut, j’ai pu vivre petit à petit avec ce concept d’art HyperBrut. Ça donne la sensation de vivre dans une forme de musée-exposition. Et ça, c’est ce que j’ai appelé faire de l’HyperBrutalisme. Et selon moi, c’est ce que je fais. C’est à dire que je perçois ou non des Geste-Brut, mais je sais que tous les Geste-Brut sont exposés de manière idéale par l’art HyperBrut, et découvrir, accepter, ou comprendre cela c’est faire de l’HyperBrutalisme.

À ce moment là, si vous suivez toujours et que vous percevez de quoi je parle, alors sachez que vous êtes en train de vous faire HyperBrutaliser. Si vous suivez mais que vous n’êtes pas sûr de bien tout percevoir, ne vous inquiétez pas, c’est que le processus est en cours. Si vous suivez à fond, et que vous vous demandez si ça ne serait pas la fin de l’art contemporain pour laisser place à l’art contemporain HyperBrutalisé, sachez qu’à mon avis la question mérite d’être posée.

Cela dit, dans l’HyperBrutalisme que je développe, personnellement, j’essaye d’améliorer les conditions initiales qui m’entourent, ainsi que les étincelles qui m’animent, ce qui a le plus souvent pour effet d’améliorer les Geste-Brut ainsi que les conséquences finales. Et disons que dans cette amélioration, je transforme du mieux que je peux les gestes en actes, c’est à dire que je tente de mettre de plus en plus de conscience dans les choix que je fais.

Au moment de créer ou découvrir l’art HyperBrut, j’avais tendance à m’accaparer ce qui pouvait être attrapé et montré par lui, me retrouvant par exemple à dire à un ami peintre qu’il ne fallait plus qu’il touche à sa palette de couleurs car c’était un Geste-Brut et que je souhaitais lui prendre telle quelle pour ma prochaine exposition. Mais j’ai petit à petit changé ma façon d’appréhender ce concept, et cela fut en considérant que l’art HyperBrut existait avant que je ne lui donne un nom, et qu’il n’a pas besoin que j’interfère dans la mission qu’il endosse.

Puis avec le temps, il s’est avéré que je n’ai pas non plus eu besoin de raconter à tout le monde l’existence de l’art HyperBrut, et cela résolvait cette problématique de poser un autocollant-signature de moi en train de poser un autocollant-signature. Car l’art HyperBrut pris dans un certain sens, en plus d’exposer tous les Geste-Brut, m’offrait la possibilité de ne pas avoir à expliquer ce qu’est l’art HyperBrut. Et ce sens fut de me dire que si l’art HyperBrut, sous ce nom ou un autre, s’avère vraiment nécessaire, alors il serait découvert, décrit, et expliqué, un jour ou l’autre, par quelqu’un d’autre ou par moi. Et j’ai choisi ce sens car il me paraissait être le plus judicieux pour évoluer, puisqu’en plus de ne pas à avoir à prêcher l’art HyperBrut, cela me permettait d’explorer avec mon imagination, les différentes conséquences que pouvaient entraîner une telle forme d’art si elle était communément connue et acceptée par une société comme celle dans laquelle je vis.

L’idée du concept d’art HyperBrut a commencé à paraître à partir de la fin de l’année 2014, là où le coup de pinceau avait eu lieu au début de l’année. Dans ma première partie de vie avec l’art HyperBrut, je me suis trouvé confronté à plusieurs questions. Est-ce que tout est oeuvre ? Mon rôle est-il d’être spectateur ? Mais être spectateur n’est-ce pas être un rôle ? Dois-je donc conserver tout ce qui pourrait être des Geste-Brut ? Même les taches ? Mais quand je nettoie une tache ça fait un Geste-Brut, non ? Le corps est-il un Geste-Brut ? Un cardiogramme aussi, non ? Mais les équilibres dans les décors de théâtre ? Ou les décors de film ? Et les clowns qui improvisent, les monteurs vidéos internet, les téléréalités, les réseaux sociaux, les œuvre exposée, musées ? Faut-il les trier, catégoriser ? Geste-Brut anodin, artisan, industriel, historique, exposé, théâtral, cinématique, télévisuel, étatique, naturel ?

Mais à partir de 2016, à mes yeux, il n’y en avait que trois principales. La première était de savoir s’il y avait une limite à l’art HyperBrut. C’est à dire, savoir s’il y avait une fin à ce musée-exposition, un bord, un mur, ou alors des choses qui ne seraient pas des Geste-Brut, et qui par conséquent ne pourraient pas être exposées. La deuxième question était de savoir s’il y avait une singularité, c’est à dire un Geste-Brut, ou peut-être plusieurs, plus spéciaux que les autres, plus particuliers, plus fondamentaux, comme si, en comparaison avec le musée-exposition, il y aurait eu un chef d’œuvre parmi toutes les œuvres. Et la troisième question était de savoir quelle place j’occupais à l’intérieur de ce musée-exposition, ainsi que vous. La réponse la plus courte que je puisse donner, pour ces trois questions, avec le recul que j’ai en 2021, est que l’art HyperBrut n’a pas de limites, que la singularité c’est à la fois vous, moi, nous, et tout le reste, et que notre place à l’intérieur de ce musée-exposition est d’être une singularité. Cette réponse existe sous une forme plus imagé dans le Livre : Univers 0.

Vous voici avec une description de l’art HyperBrut, et de comment j’ai pu le découvrir. Quelle utilité a un art comme celui-ci, pourriez-vous me demander. Une réponse que je peux proposer, c’est que chacun y trouve sa part. En ce qui me concerne, cet art m’a permis avec une approche spécifique, de considérer un grand, grand, grand nombre de sujets comme des œuvres, tout en me centrant sur les conditions initiales, étincelles, et conséquences finales de chaque sujet considéré. Et cet art m’a aussi permis d’avoir une production, car parallèlement à ce côté conceptuel, il y a eu un autre côté, un côté plus concret, dans lequel j’ai réutilisé le Geste-Brut et son équilibre dans le dessin, la peinture et l’écriture. Vous pouvez découvrir ce côté plus concret sur la prochaine page Réutilisation.

English

Español